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La demande en peaux d’âne a connu une croissance exponentielle au cours des 15 dernières années, principalement sous l’impulsion de la Chine. Lauren Johnston est spécialiste des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique. Elle a passé plusieurs années à étudier le commerce des ânes et vient de publier un ouvrage, intitulé China, Africa and the Market for Donkeys (La Chine, l’Afrique et le marché des ânes). Elle répond ici à quelques questions sur ses conclusions.
La demande provient presque exclusivement de Chine. Cela s’explique par l’existence d’un remède ancestral de la médecine traditionnelle chinoise appelé ejiao, prononcé « e-jyow », consommé aujourd’hui par des dizaines de millions de Chinoises. L’ejiao est un tonique sanguin fabriqué à partir de gélatine de peau d’âne.
Depuis des millénaires, il est utilisé pour traiter la fatigue, les vertiges, la toux sèche et les saignements irréguliers, ainsi que pour favoriser le bien-être féminin. Pendant la majeure partie de cette période, cet élixir était fabriqué à la main et consommé par un petit cercle d’élites impériales. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que la production a pris une ampleur industrielle.